Le terme morphopsychologie apparaît en France avec le psychiatre Louis Corman, qui développe sa méthode à partir de 1937. Son principe consiste à établir des correspondances entre la morphologie du visage et certains éléments de la personnalité.
L'idée est séduisante :
Et si notre visage pouvait raconter quelque chose de notre fonctionnement intérieur ?
 
 
Notre visage raconte-t-il qui nous sommes ?
 
 
Il suffit parfois de quelques secondes face à quelqu'un pour avoir l'impression de percevoir quelque chose de sa personnalité.
C’est sur cette question que repose en partie la morphopsychologie : observer la forme et la dynamique d’un visage pour proposer des pistes de compréhension du fonctionnement d’une personne.
Le visage est observé dans son ensemble : sa forme générale, ses proportions, ses différentes zones, mais aussi la manière dont les traits s’inscrivent dans cet ensemble.
Par exemple, la morphopsychologie distingue traditionnellement trois grandes zones du visage :
- la zone supérieure, autour du front, associée à la vie intellectuelle et à la pensée ;
- la zone médiane, autour des yeux et des pommettes, associée à la vie relationnelle et affective ;
- la zone inférieure, autour de la mâchoire et de la bouche, davantage associée à l’instinct, au concret et à l’action.
Par exemple le physique typique du manager : trait tonic, visage ferme, traits fins.
 
Le visage parle aussi de notre manière d'aller vers le monde
La dilatation et de rétraction.
Pour le dire très simplement, certains visages présentent des formes plus larges, ouvertes et arrondies : on parle davantage de dilatation. D'autres sont plus fins, resserrés ou allongés : on retrouve davantage de rétraction.
La dilatation est associée à une tendance à aller plus spontanément vers ce qui nous entoure. La rétraction, à l'inverse, correspond à une manière plus sélective d'entrer en contact avec l'environnement.
Un visage ne se lit pas comme une fiche d'identité psychologique.
C'est justement l'ensemble du visage, les équilibres entre ses différentes parties et les nuances entre plusieurs caractéristiques qui rendent son observation intéressante.
Deux côtés, un même visage… et pourtant deux perceptions
Notre visage n'est jamais parfaitement symétrique. Et selon l'angle, la lumière, l'objectif, la distance ou l'expression, certaines différences peuvent devenir plus ou moins visibles.
Souvent, les personnes avec une asymétrie prononcée sont des artistiques, type éternel insatisfait (da Vinci), qui subissent une pression intérieure forte.
 
« Je préfère mon profil gauche. »
Ce qui m'intéresse surtout, ce n'est pas de déterminer quel serait notre « meilleur profil ». C'est de comprendre pourquoi nous avons parfois construit une préférence aussi forte.
À force de privilégier un côté, un angle ou une expression, nous finissons parfois par considérer toutes les autres représentations comme mauvaises.
Alors qu'elles sont simplement moins familières.
 
Un visage n’est jamais figé
Notre visage est vivant !
Il évolue avec nous tout au long de notre existence tout comme notre personnalité.
Le visage que nous observons aujourd’hui n’est donc pas une structure immuable qui déterminerait définitivement qui nous sommes.
Et cette idée est particulièrement importante lorsque l’on utilise la morphopsychologie.
Une analyse correspond à l’observation d’une personne à un moment de son histoire. Elle ne devrait jamais devenir une étiquette : « mon visage est comme ça, donc je suis comme ça. »
Tout comme, un seul visage peut raconter plusieurs nuances d’une même personne.
Et la photographie dans tout ça ?
Dans mon approche, la morphopsychologie intervient au début de la séance photographique. C’est avant tout un outil pour faire connaissance autrement, créer un premier échange et permettre à la personne de prendre progressivement confiance devant moi et devant l’objectif.
L’observation du visage me donne également des pistes pour adapter ma manière de diriger la séance. Certaines personnes auront besoin de beaucoup d’indications et d’être accompagnées pas à pas, quand d’autres auront davantage besoin de liberté, de mouvement ou de temps pour expérimenter. La morphopsychologie ne remplace évidemment pas l’échange : elle me donne une première grille de lecture que je viens ensuite confronter à ce que la personne me raconte, à ses réactions et à ce que j’observe pendant la séance. (Même si la cadre a été fixé en amont).
Mais la photographie permet aussi de rappeler quelque chose d’essentiel : un visage est vivant. Notre visage nous accompagne tout au long de notre vie. Il vieillit, ses volumes évoluent, nos expressions habituelles y laissent progressivement leur empreinte et certains traits peuvent eux-mêmes se modifier.
Il suffit de quelques secondes entre deux portraits pour qu’il change. Un regard se relâche, une mâchoire se détend, un sourire apparaît, les muscles se mettent en mouvement et l’ensemble du visage semble parfois raconter tout autre chose.
Les lettres d’AUCEL
Des réflexions autour du corps, de l’image de soi et des émotions, des ressources, des lectures et les dernières nouvelles du studio.